Références.
J’arrivais dans le parking de la société où je travaille hier matin après avoir passé près de deux heures dans les bouchons. Mon patron sortait de sa voiture au moment où j’arrivais. Les décibels tapaient dans la voiture mais je ne pensais que c’était assez fort pour que quelqu’un puisse entendre de l’extérieur. Sorti de la voiture, je le vois se rapprocher et, après m’avoir salué, me demande ce que j’écoutais en précisant :
- Ca réveille!
Je lui ai répondu que c’était l’un des albums live (Manchester et Dublin) de Rodrigo y Gabriela. Je sais que mon patron est un fan de musique savante et d’opéra et que ma réponse était hors contexte. Il me demande ce qu’était Rodrigo y Gabriela tout en mettant l’emphase sur le fait que nous n’avions pas les mêmes références (musicales). J’étais en plein Ouroboros. Comment expliquer le style de ce duo sans faire référence à leurs références, surtout à quelqu’un qui ne connait pas les références originales ?
Réflexion donc autour de cette histoire de références! Le duo Rodrigo y Gabriela est aujourd’hui très connu pour avoir fait une incursion fracassante dans le monde de la musique formatée avec un style bien à eux (adaptation de morceaux rock/pop/jazz/etc. au le style de jeu latin). Il ne faut cependant pas oublier que ce sont, à la base, deux musiciens de thrash metal. Des références très typées donc.
Chaque personne a ses propres références mais je me pose la question suivante : la découverte de « nouvelles mélodies » suscite-t-elle assez de curiosité pour aller chercher plus loin ?
Ce serait intéressant, selon moi, de voir un concert du dit duo et de regarder le public. Dans l’exemple du Live de 2004, combien de personnes ont reconnu les nombreuses citations de morceaux de Metallica en plus de la reprise de « One » segue « Take 5″ de Dave Brubeck ? De même, le morceau « Paris » contient une citation d’un monument des albums « guitare » à savoir « Mediterranean Sundance » tiré de ce monstre d’album « Friday Night in San Francisco ».
Mettez ce même public devant les morceaux originaux et ils tireront peut-être la gueule. C’est ça qui provoque l’hilarité. On peut apprécier les mélodies, les trouver belles mais ne pas savoir quelles sont leurs origines. Là n’est pas la critique mais il faut comprendre qu’une version dite « aseptisée » passera toujours mieux que l’originale.
En ce qui concerne la réponse à la question de mon patron, je voulais lui dire :
- C’est Tenacious D qui a embauché Paco de Lucia.
J’ai juste dit:
- C’est un duo de guitaristes mexicains qui ont un style particulier.