Occasion.

Marre d’entendre les mêmes rengaines. Debout à 5h55 tous les matins, je mets la radio pour accompagner mon réveil douloureux devant mon café et mes tartines. A 6h00 les infos, souvent déprimantes, passent avant les pages de pub. Et lesquelles ? Des voitures et la fin de la prime à la casse.

Pour tout dire ce sont mes pieds que cette prime passe sont temps à casser ! Tout ce qu’on entend nous met la pression, pousse à l’urgence, nous menace même de ne pas pouvoir profiter de cette fameuse prime avant la fin de l’année. Une voiture neuve à SEULEMENT quelques milliers d’euros n’est pas chère que diantre !

Diantre toi-même hé banane. Les gens plongent de plus en plus dans la pauvreté et on nous vante l’extraordinaire occasion d’acheter cette voiture qu’on a tant désiré nous montrant surtout notre société à deux vitesses, première et marche arrière tiens.

Ce matin, un frontalier comme moi se vante à la radio de ne pas travailler en France mais en Belgique. D’un ton condescendant il explique que sa femme et lui touchent 3600€ de prime de fin d’année car le système est différent pour eux qui ne déclarent rien en France. Ils offriront cette année 1200€ de cadeaux de Noël à leurs 3 enfants dont un pick-up électrique à 450€ à son fils de 4 ans. C’est à peu près ce que vaut ma voiture. Ironie !

C’est là où nous nous retrouvons, avec nos pairs nous regardant de haut car nous ne gagnons pas autant qu’eux. Nous n’avons pas de voitures neuves et nous sommes, en fin de compte, trop cons de ne pas profiter de la fin de la prime à la casse. Voici donc nos nouveaux standards sociaux.

Et vous, allez-vous profiter de votre prime à la casse ?

Frontalier.

Je ne m’en étais pas vraiment rendu compte avant ces derniers mois. Je suis devenu un frontalier avec des habitudes de frontalier. Comme la Belgique n’est qu’à un quart d’heure (en voiture) de mon nouveau « chez moi », certaines choses se sont mises en place sans que je ne m’en rende compte.

Les frites par exemple. On en mange beaucoup dans la région. Mes copains m’ont cependant dit qu’on ne peut dire que j’ai mangé des frites avant d’avoir mangé des Belges. Des frites Belges. Direction Quiévrain ! En plein milieu de l’avenue centrale de cette petite ville, un panneau. On est en Belgique et tout change d’un coup à partir de ce dernier. Même les frites… dix pas plus loin.

En ce moment c’est le binz en France. Pompes à essence vidées, freins rongés et gens qui se hurlent dessus. Très peu pour moi, petite escapade à Bléharies, vous aurez compris : en Belgique, pour le plein et même moins cher qu’en France. De même, quand la voie rapide pour Lille est bouchée comme une bouteille de champagne trop secouée, je me dirige vers Tournai pour entrer à Lille par l’est. Une heure de route mais moins d’essence consommé en Belgique et moins de risques d’accidents tout en étant sûr d’y arriver « presque » dans les temps.

Le week end dernier, une copine Suédoise a séjourné à la maison. Dimanche morose… non ! Petit tour à Ménin pour le marché de Noël (oui ça commence le 25 septembre là bas) et pour les magasins qui restent ouverts tous les jours. En plus, si j’étais encore fumeur j’aurais pu m’acheter des seaux d’un kilo de tabac là bas…

Frontalier, c’est bien ce que je me disais.