Banalités

La banalité caractérise ce qui est commun, trivial ou insignifiant

Il est très connu que dans le monde professionnel les patrons ou RH n’aiment pas les mamans. On rappellera la dure réalité des entretiens d’embauche pour les jeunes femmes où la question « Envisagez-vous de faire un moufflet très prochainement ? » est asséné comme un coup de fouet. Cet article sur les DRH et les mamans datant de 2011 le met bien en évidence. Les commentaires sont encore plus édifiants.

La plupart des personnes qui liront cela diront que c’est dégueulasse, on est au 21ème siècle et on prône l’égalité homme-femme. On l’a entendu maintes et maintes fois. Ceci dit, la société évolue, et il y a de nouveaux pères qui cherchent à avoir une place réelle dans la famille. Certains de nos congénères nous traitent de « tarlouzes » car eux n’ont pas le courage d’affronter une vraie mission de père. La mission d’éduquer ses enfants, d’être présent pour les consoler de leurs bobos, garder un rythme et une hygiène de vie ou tout simplement les aider à manger. La mission d’avoir des nerfs d’acier quand les caprices deviennent des crises d’hystérie violentes. Ces mêmes pères qui luttent pour avoir la même reconnaissance du travail accompli comme parent, travail qu’on pense accompli que par les femmes. La parité c’est ça aussi.

La parité père-mère, un point perdu pour le père.

Cette fameuse parité, fonctionne surtout dans les points négatifs. Je m’en vais vous conter comment mes employeurs vivent MON implication dans ma vie familiale en tant que père. Eh oui, pour être père et cadre, il faut aussi avoir les reins solides pour encaisser les coups de butoir.

Les habitués de ce blog savent que je fais une partie de mon travail en télé-travail. Ce qu’ils ne savent pas c’est que je n’ai jamais été à l’origine de cette démarche ! Eh oui, m’sieurs dames.

Rembobinons. En 2011, mon premier fils voit le jour. Grand bonheur pour moi qui avais toujours aspiré à devenir père. Mon directeur quand à lui avait passé les 3 mois avant la naissance à me dire que les enfants étaient une plaie et que les bébés n’étaient pas intéressants. Le grand classique « ça chie, ça dort, ça pleure » avait trouvé le chemin de sa bouche. Lui qui avait deux filles ados. Tous les jours on me disait que mon avenir serait une suite de nuits blanches, de couches sales et de crises de nerfs. On a l’impression que les gens ont une mission divine d’essayer de saper le moral du futur nouveau père. Il y a eu des choses difficiles à gérer mais pas dans ces termes là.

Le difficulté de la situation géographique.

C’est la gestion du quotidien qui s’est vite montré très difficile due à notre situation géographique. Ma femme travaillait à 50 kilomètres au Sud de notre lieu de résidence et moi 50 kilomètres au Nord. Ma famille vit dans un pays à 6000 kilomètres de là et ma belle-famille à 800 kilomètres. Notre fils était chez la nounou dans notre ville. Nous ne pouvions compter que sur nous-mêmes.

La gestion des urgences, déposer et récupérer petit en fin de journée et le retour à la maison étaient un chaos incroyable. Je passais mon temps à appuyer sur l’accélérateur pour aller chez la nounou, aller au boulot, les jours où ma femme loupait son train à cause d’un bus bloqué dans les bouchons je la déposais au boulot pour refaire la route en sens inverse. Le soir c’était la même course dans le sens inverse et on intercale 8-9 heures de boulot à générer du chiffre d’affaires entre les deux. Tout était réuni pour qu’il y ait un gros souci un jour proche.

La proposition inattendue.

J’ai passé quelques mois à faire cela tout en sachant que je n’allais pas tenir la distance. Puis, un jour, le directeur d’une entreprise locale me contacte. Le directeur connaissait un ancien collègue qui lui avait fait mes éloges et j’ai obtenu une proposition d’embauche proche de chez moi (10 minutes) en une semaine. Le projet est intéressant et la boutique sympa. Heureux de ce dénouement, je donne ma démission en rêvant de mes nouvelles missions. Mais je n’avais pas compté sur mes patrons. Mon directeur de division a fait passer la nouvelle à sa hiérarchie et je me suis retrouvé dans le bureau du Directeur Général. Et là a commencé une passe d’armes qui allait durer… 3 jours ! Oui: 3 jours.

Jour premier : la tornade.

Le premier jour, j’ai passé 5 heures dans ce bureau. De 15h à 20h. Le DG a mis des coups de poing sur la table. « Je n’accepte pas votre démission ! ». On est passé par différentes étapes.

La première : un enfant c’est ingrat.

Le DG a entrepris à m’expliquer que j’allais sacrifier une carrière, une réussite, et une vie entière pour un enfant, qui, dès l’occasion venue allait faire des bêtises, n’écouterait pas son père, se marierai contre les volontés de ce dernier et serait peut-être même gay. Toutes ces notions étaient soutenues par des exemples de telles ou telles personnes à qui c’est arrivé et même de sa propre expérience avec son fils.

La deuxième : une femme ça ne vaut rien.

On entre dans le machisme gonflé à la testosterone avec les poils de couilles qui débordent du slip brésilien. Mon directeur me connaissait depuis plus de 3 ans même si je n’étais dans la société que depuis 1 an. Il savait que j’avais des rapports fusionnels avec ma femme et que tout était amplement discuté entre nous deux avant de prendre quelque décision que ce soit. Il fallait dont ébranler cette confiance que nous nous faisions. C’est ce que le DG a entrepris de faire. J’ai entendu, à ce moment là, des choses horribles.

Anecdote:

Vous savez, Monsieur Beagle, que dans un couple normalement constitué, l’homme conduit et la femme est le passager. Cette place du passager est aussi appellée la place du mort, n’est-ce pas ? Si vous conduisez et qu’un camion arrive en face, vous braquerez toujours sur la gauche pour l’éviter, sauvant ainsi votre vie et laissant mourir la personne assise à la place du mort. De fait, si vous vous trouvez dans cette situation avec votre femme à vos côtés, vous tuerez votre femme pour vous sauver. Donc pourquoi sacrifier votre carrière pour elle ?

VERIDIQUE !!

J’ai tout simplement répondu que nous étions en France et que mes réflexes étaient différentes. Je suis originaire d’une ancienne colonnie Britannique et notre code de la route est le même qu’au Royaume Uni. Chez nous, la place du mort se trouve être la place du conducteur Européen. Je mettrai toujours un coup de volant à droite et non à gauche.

Votre femme est enseignante, elle a tout son temps.

Cela a continué pendant un bon moment sur le fait que je pourrai tomber amoureux d’une autre femme à n’importe quel moment et quitter ma femme et ma famille. Donc que je ne leur devait rien. Il y aussi eu le fait que ma femme était enseignante et les gros clichés ont commencé à tomber : les enseignants ça ne bosse pas, on choisit ce métier parcequ’on fait ce qu’on veut, un enseignant c’est toujours en vacances (les ignares ne savent pas qu’un enseignant ne touche que 9 mois de salaire en une année), un enseignant fait ses cours une seule fois et vogue la galère pendant les 20 prochaines années. Il doit y avoir des tire-au-flanc mais quand on vit avec un enseignant dévoué à son travail on ne peut qu’être offusqué par ces paroles.

Fin des hostilités sur un « je vous invite à réfléchir sur ce sujet ».

Jour deux : l’attaque terrain et les familles « boulets ».

Le lendemain matin, on me demande si j’avais réfléchi. J’ai répondu « oui ». J’ai donc dit au DG que je voyais qu’ils avaient quelque chose contre ma femme et ma famille alors que, justement, j’essayais de faire cohabiter mon travail et ma famille. J’ai aussi précisé que je campais sur mes positions pour ne pas générer plus de frustrations. Je n’étais pas préparé au retour de bâton : « Vous êtes frustré M. Beagle ? De quoi ? De la Société ? » Et c’était reparti !

Il a dû y avoir un conseil de guerre et du flicage entre deux. Mon directeur de division m’a convoqué dans son bureau. Commença alors un nouveau travail de sape en profondeur. Il commença à m’expliquer pourquoi son premier mariage avait été un échec. Comment sa femme ne vivait que pour ses enfants. Comment une maladie du sommeil d’un de ses enfants leur a pourri la vie. Comment s’il était resté avec elle, il n’aurait jamais été directeur de quoi que ce soit. En gros qu’une femme, en plus avec des enfants, c’est un boulet pour un homme. Il n’avait qu’à pas se marier en premier lieu, il aurait été Président de quelque chose.

On passe ensuite à l’offensive sournoise. Quand on embauche un type qui créé tout seul un outil qui capte 1 million d’euros des 11 millions que fait une boîte, on le surveille de près. Je ne savais pas que je vivais sous un microscope ! Monsieur le directeur me sort une botte secrète à laquelle je ne me serai jamais attendu. D’une manière ou d’une autre il avait trouvé la boite qui allait m’embaucher et a mené sa petite enquête. Il m’a dit que cette société avait un chiffre d’affaires de tant depuis tant d’années et que ses finances fonctionnaient avec tant de pourcentage de fonds publics. Il m’a sorti tout le pedigree et l’état de santé de la boîte, qui, pour l’arranger, était dressé de manière négative. J’étais effarré des proportions que cela avait pris mais j’ai campé sur mes positions.

Jour trois : le déclic.

Arriva donc le dernier jour. Un mercredi. Le DG vient me voir. Fatigué, son show du lundi soir l’avait crevé. Mon supérieur quand à lui ne sait plus quoi faire. Le DG me demande si je m’en aillais toujours. Je lui répondis que oui. Il s’en alla en grommelant. Mon supérieur tente une dernière chose. Il me dit que je cherchais à être disponible pour ma famille. Ce qui expliquait que je ne souhaitait pas refuser de démissionner.

Quelque chose a dû faire tilt quelque part juste à ce moment là. Il me dit que le seul avantage que me donnait l’autre société était cette disponibilité et la proximité géographique. « Vous êtes à 10 minutes du boulot ? Moi je vous permets d’être à 2 minutes du boulot ! Ce n’est pas dans la culture de la boîte mais je vous propose de travailler de chez vous. Présence le lundi obligatoire au siège et le reste de la semaine des déplacements si nécessaires. »

L’explication

Il faut dire qu’il s’était déculotté alors que je n’avais même jamais pensé à cette option car, effectivement, hors de la culture de ce genre d’entrepise. J’ai ensuite compris pourquoi. Malgré tout son discours négatif sur la famille, il avait besoin de faire tourner une boîte et mon départ aurait relancé un recrutement long et fastidieux et c’était comme balancer une bombe dans son monde parceque… sa nouvelle femme attendait un bébé ! Voilà comment le bébé du patron m’a poussé à travailler à la maison.

Et après ?

On on aurait pu dire que l’histoire s’est arrêtée ici et puis plus rien. N’oublions pas qu’un patron donne d’une main et reprend de l’autre. Prenons la Delorean de Doc Brown et avançons d’un an et demi. Il n’y a plus de DG. Officiellement il a démissionné pour sauver la boîte en période de crise. Officieusement, il y a eu des couacs au niveau de la direction. Mon supérieur hiérarchique est donc omniscient et pousse toujours à ce qu’on fasse plus de bénéfices. Et là, cette année, que je lui annonce l’arrivée de mon deuxième fils pour novembre. Période de budgets et de fortes progressions d’activité. Pas content le chef. Sa première remarque : « et vous gagnez assez d’argent pour nourrir toutes ces bouches ? »

L’atterrissage est prévu pour ces semaines-ci, entre le 5 et le 15 novembre. Je préviens donc systématiquement depuis l’été dernier de ne pas mettre de réunions dans ces créneaux là. Je refuse même la participation à un salon Londonnien. On est sur le pied de guerre. Le directeur finit toujours par déroger et proposer quelque chose. Je ne comprends pas pourquoi il ne prend pas ce que je lui dis en compte. Et puis je me dis « souviens-toi l’été dernier ».

Le prématuré.

Ce même directeur, père d’une fille d’un peu plus d’un an me demanda pendant l’été comment se portait ma femme. Bien dans l’ensemble fut ma réponse malgré le fait de souffrir de la sciatique et de la chaleur. Et là, le coup inattendu. « Elle pourrait accoucher maintenant non ? Ils réussissent à faire survivre les prématurés maintenant. » Avais-je bien compris ? Cet homme me disait qu’on pouvait faire accoucher ma femme prématurément pour qu’elle ne souffre plus de la chaleur ? Le bébé survivrait quoi qu’il en soit. Je n’avais pas encore compris le message.

L’arrêt maladie.

Rapprochons-nous de cette fin de grossesse. J’ai eu une année extrêmement chargée professionnellement et je ne me suis pas beaucoup occupé de ma propre santé pendant l’année 2013. Une douleur persistante entre l’aine et la cuisse ne cessait de grandir. Les échographies n’ont rien montré. Début octobre, impossible de marcher. Scanner et lit obligatoire. Ca faisait 6 mois que je traînais une hernie discale au niveau des lombaires. Finalité : infiltration sous scanner (une expérience que je ne souhaite à personne de vivre). 2 semaines au lit à ne pas pouvoir préparer la maison pour l’arrivée du bébé. Le jardin est en friche et il y avait une armoire de 181 kilos qui devait être remplacée pour pièces manquantes qui trônait en pièces détachées dans la chambre. Nous dormions dans le salon. La déprime totale.

Je reviens au boulot après mon infiltration avec une oto-rhino-pharyngite aigüe qui me vaut une bonne dose d’antibiotiques et de corticoïdes. Pour le bien de la société, j’ai refusé que le médecin prolonge mon arrêt maladie. Je suis revenu au bureau 3 jours seulement après mon intervention et là le patron me dit : j’espère que vous ne vous reprendrez plus deux semaines de vacances comme ça.

Débarrassons nous vite de ce bébé !

Nous reprenons nos activités et nos réunions et le directeur me remet une réunion exactement le jour prévu pour la naissance. Je lui dis que ce ne sera pas possible pour la énième fois. J’en ai marre d’avoir à le répéter comme une litanie. Le boss n’aime pas ça, moi non plus car j’ai l’impression de passer mon temps à dire que ma femme allait accoucher. Il finit par balancer en salle de réunion qu’il ne peut se souvenir de toutes les dates de naissance des enfants des collaborateurs. Je lui explique qu’il parle là d’un seul enfant prévu dans cette PME et que je le disais surtout dans l’intérêt du fonctionnement des services pour qu’il n’y ait pas de rendez-vous que nous ne pourrions honorer. Je lui dis aussi que je ne peux demander aux médecins de déclencher l’accouchement de ma femme pour qu’on puisse placer des réunions pour la société !

Et là, la mauvaise foi ultime ! Voici la réponse texto :

Et pourquoi pas ? Vous devriez être capable de vous plier aux exigences de la Société ! Cette même société a su se plier à vos exigences il y a quelques temps. Toutes les sociétés ne l’auraient pas fait. Oui ou non ?

Nous étions en réunion et je ne voulais pas parler de l’arrangement proposé par lui-même sans aucune demande de ma part. Je n’ai rien dit mais j’étais en face de quelqu’un qui soutenait que j’avais demandé à travailler de chez moi et qui plus est exigeait qu’on déclenche l’accouchement de ma femme pour que je sois disponible pour lui faire gagner de l’argent. La dernière pièce du puzzle tombait dans sa place.

Une conclusion comme une autre ?

Je ne sais pas si c’est moi qui me suis retrouvé avec un modèle de patron unique ou si c’est un trait de caractère commun à tous. Je comprends qu’on veuille faire tourner son business mais de là à perdre son humanité ? Suis-je réellement arrivé à la conclusion que les patrons d’entreprises détestent aussi les pères (qui se dévouent à leurs familles) ?

Lundi soir, la semaine dernière, je travaillais dans la chambre d’amis (un prochain billet parlera de ça). Il devait être 21h quand votre mère est descendue me voir. Avec son calme légendaire, elle m’a hurlé :

Tu fais chier avec ta musique. Il veut du Buckethead ! C’est quel album ?

J’explique. Les enfants, vous écoutez de la musique depuis le moment où vos oreilles se sont formées dans le liquide amniotique. Maman porte toujours une ceinture MP3 qui diffuse tantôt du SlipKnot tantôt de la Trance Goa… je plaisante bien sûr. Il y a surtout du Bach, un peu de Prog-Fusion, du Jazz, du Mozart et un de mes préférés, Le Carnaval des Animaux de Saint-Saëns. De fait, il y a toujours eu dans votre chambre (que vous partagerez plus tard) un lecteur avec des centaines d’albums.

Piyou a ses périodes. Après un peu de RHCP « qui déchiiii », il y a eu la grande période de « Pik Slod », qui a d’ailleurs repris hier avec le monumental Wish You Were Here de 1975 dédiée à Syd Barrett. Donc, tous les soirs, au coucher, tu demandes à écouter l’album du moment. C’était donc l’album moment Colma du guitariste Buckethead jusqu’à hier soir. Le problème est que maman ne connait pas ces albums et ne peut pas les reconnaitre du premier coup d’oreille. Et c’est la que tu te mets à chouiner pour du « Bucketé ».

Maman n’est pas bien contente que tu sois aussi borné et inflexible quand tu as tes goûts musicaux, mais bon, au moins tu en as.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Buckethead a toujours écrit des petits morceaux pour tous les membres de sa famille. On n’a jamais vu son visage et il ne parle quasiment pas. Son seul lien avec le monde extérieur se fait par le biais de sa musique. Voici le morceau « I Love my Parents ».

C’est un jour à marquer d’une pierre blanche. Piyou est allé à l’école pour la première fois aujourd’hui. Ce n’est pas seulement le fait que ce soit sa première journée à l’école mais aussi la réalisation pour ma femme et moi que le temps est passé très vite. On le voit encore tout petit, frippé et rosé du jour de sa naissance. Je me rappelle surtout de cette demie-heure irréelle que j’ai passé dans une chambre tamisée où je l’ai gardé contre mon torse nu juste après sa naissance. Et aujourd’hui il met les pieds dans une école pour un minimum de 16 ans.

On commence donc le long cheminement de l’éducation. Je suis tout excité de ça. C’est difficile à expliquer mais j’ai connu un système éducatif  complètement différent du système éducatif Français, du moins jusqu’à la fac. Je ne sais pas comment fonctionnent les écoles, les collèges et les lycées (déjà que chez nous, il n’y a qu’un collège dans lequel on passe 7 années). Je ne connais pas non plus le déroulement des classes même si je vois ma femme préparer ses cours. Je vais, en quelque sorte, découvrir l’éducation « à la Française » grâce à mes enfants. Promis, je ne ferai pas leurs devoirs.

Et pour Piyou, cette première journée?

Piyou n’a que 2 ans et demi et ne passe donc qu’une demie journée à l’école. Il commence à 8h30 et finit à 11h30. Pour l’école, le level 1 du pot était complet. Je vais reprendre ma réponse au commentaire de WonderMum, le level 2 n’est même pas entammé. La grosse commission est toujours dans la couche. Cependant, Piyou la fait systématiquement les matins après son biberon. On triche donc un peu sur ce point. Cela nous laisse aussi un peu de temps pour finir ce passage. Dans l’absolu, ce sera bon d’ici le mois prochain.

Nous l’avons tous les deux amenés à l’école ce matin. On s’étonnait de certains petits qui portaient des cartables 2 fois trop grands et on est entré dans le couloir de l’école maternelle pour être accueilli par un brouhaha de parents qui levaient la voix et des dizaines de petites voix qui pleuraient. Piyou, quand à lui, … impassible. Il était en terrain conquis.

Il avait même eu une belle coupe de cheveux pour sa rentrée.

Il avait même eu une belle coupe de cheveux pour sa rentrée.

Arrivés à la porte de la classe, la maîtresse essayait de canaliser une classe d’enfants dont la moitié était en pleurs et il y avait même un petit blondinet qui essayait de se faire la malle dans son dos. Elle l’a tout juste rattrappé par le col. Comme Piyou était tranquille, elle nous a demandé si nous pouvions attendre 5 minutes que la crise passe avant de nous accueillir. On s’est donc assis sur un banc avec Piyou qui ne tenait plus en place d’excitation. Il faut dire qu’il s’est réveillé à 5h30 ce matin tellement il était excité d’aller à l’école.

Bref, la maîtresse est enfin disponible. Ca chouine de partout et elle tient le blondinet dans les bras histoire qu’il ne tente pas une nouvelle évasion. Elle se penche pour dire bonjour à Piyou. Ce dernier lui fait carrément la bise puis avance timidement dans la classe. Il ne se retourne même pas et va s’asseoir à côté d’une fille plus grande (ce sont des classes d’âges mixtes) qui pleure à chaudes larmes. Il prend une feuille de papier et commence à piocher dans la boîte de crayons.

Interloquée, la maîtresse nous demande s’il faut le faire revenir pour qu’il nous fasse un bisou. Je lui dis qu’il est très autonome et que ça ne changerait rien de le forcer. On a jeté un coup d’oeil par les fenêtres du couloir, il dessinait tranquillement. On a fait un coucou de loin, ses lèvres ont formé les mots « Je dessine » et on est parti. Il est rentré à la maison à 11h30 ravi de sa matinée. Nous saurons demain matin si l’essai de ce matin a vraiment été concluant.