Ce qu’on apprend avec un bébé.
On apprend énormément de choses avec un enfant. Pas seulement en termes de « tierce maintenance » (les couches, le bain, la chambre, la sécurité…) mais aussi sur soi-même. Beaucoup de personnes m’avaient prévenu que la vie allait changer à ton arrivée. C’est vrai. La plupart des personnes m’avaient aussi dressé un tableau noir de la vie de parent mais là, ce n’est pas vrai. Grâce à toi, certaines étapes de cette vie, qui sont complexes pour d’autres, sont des occasions pour moi d’apprendre un peu plus sur moi-même.
Un exemple concret. Tu as fait de nouvelles dents ces deux dernières semaines. C’est l’étape la plus douloureuse de ta vie de bébé. Il paraît qu’un adulte ne supporterait pas le niveau de douleur qu’un bébé supporte quand il/elle a une poussée dentaire. Pendant cette période tu as été grognon tout le temps. Tu voulais être rassuré et câliné, ce sur quoi on n’a pas lésiné. Ta mère n’a même plus pris le temps de préparer ses cours pour te garder en permanence dans les bras. Tu as beaucoup pleuré pendant cette période. Il faut dire que tu avais deux dents qui perçaient la gencive en même temps.
Les pleurs sont durs à supporter, non pas parce que c’est un bruit permanent et qui tape sur les nerfs comme le diraient certains, mais surtout parce qu’on ne peut rien faire pour arrêter la douleur. Un peu de doliprane permet d’atténuer la douleur ainsi que les massages de gencives mais pas de la stopper. Ta mère n’y arrivait plus. C’est là que je me suis rendu compte que je pouvais avoir une patience assez importante dans ce type de situation.
A l’heure des repas tu pleurais encore plus fort car les aliments chauds te faisaient souffrir. Il fallait pourtant te faire manger. Je te donnais donc une bouchée que tu avalais puis tu te remettais à pleurer. Ce fut le cas pour chaque bouchée qui a suivi. Le repas était long et difficile mais on y arrivait à bout. Le plus étonnant est que cela ne me dérangeait guère alors que je suis quelqu’un d’exigeant aimant que les choses aillent vite et bien. Au coucher notre « rituel du dodo » était mis à mal car tu ne prenais plus le dernier biberon pour dormir. Tu refusais même le biberon du petit déjeuner. Ça va beaucoup mieux maintenant !
C’est à croire que ton arrivée a eu un impact important sur ma personnalité et je crois que je ne suis pas au bout de mes surprises.
